Athlétisme en maternelle

Agir et s’exprimer avec son corps

Athlétisme en maternelle

 

Origines de l’athlétisme

Fuir, s’écarter des dangers, chasser et pêcher SURVIVRE

Courir Sauter Lancer

 

L’athlétisme : caractéristiques culturelles

But, règlement, résultat

Activité de performance en référence à des valeurs chronométrées ou mesurées.

Activité de compétition, dans certains cas, visant à être vainqueur.

L’objectif pour l’athlète c’est :

ÊTRE PERFORMANT

  • Soit d’agrandir l’espace (distance parcourue en un temps donné, ou distance parcourue par un engin ou par son corps, projeté le plus loin possible)
  • Soit de réduire le temps (performance sur une distance donnée)

ÊTRE COMPETITEUR

  • Soit de devancer l’adversaire

 

Milieu et matériel

Milieu stable, sécurisé, normé

Matériel adapté à des catégories et aux genres féminins et masculins.

 

Ressources sollicitées

Dominantes énergétiques, mais la coordination et la motivation ne sont pas négligeables.

 

Performance

Individuelle, dans certaines compétitions les résultats sont totalisés pour une équipe.

Le relais est un cas particulier car il est l’addition de performances individuelles couplées à la valeur des passages de témoin.

 

Problèmes fondamentaux

Problèmes moteurs fondamentauxActions motrices fondamentales
Créer de la vitesse, la transmettre, la maintenirCourir, sauter, lancer

Mises en action (prise d’élan, départ)

Transmission (transformer une vitesse, position du corps, du bras du lanceur et de l’engin, prise d’impulsion…)

Maintien (allure de course, position des segments libres, optimiser la trajectoire)
Produire une performance maximaleOptimiser les actions habituelles en maîtrisant l’ensemble des composantes de l’action engagée (motrices, cognitives, affectives)
Optimiser sa dépense énergétiqueGérer la durée, la nature de l’effort et les conditions extérieures.

Orientations pédagogiques

Les programmes

AGIR ET S’EXPRIMER AVEC SON CORPS

L’activité physique et les expériences corporelles contribuent au développement moteur, sensoriel, affectif et intellectuel de l’enfant. Elles sont l’occasion d’explorer, de s’exprimer, d’agir dans des environnements familiers, puis, progressivement, plus inhabituels. Elles permettent de se situer dans l’espace.

L’enfant découvre les possibilités de son corps ; il apprend à agir en toute sécurité tout en acceptant de prendre des risques mesurés, et à fournir des efforts tout en modulant son énergie. Il exprime ce qu’il ressent, nomme les activités et les objets manipulés ou utilisés, dit ce qu’il a envie de faire.
Les enseignants veillent à proposer des situations et des activités renouvelées d’année en année, de complexité progressive ; ils s’attachent à ce que les enfants aient assez de pratique pour progresser et leur font prendre conscience des nouvelles possibilités acquises.
Par la pratique d’activités physiques libres ou guidées dans des milieux variés, les enfants développent leurs capacités motrices dans des déplacements (courir, ramper, sauter, rouler, glisser, grimper, nager…), des équilibres, des manipulations (agiter, tirer, pousser) ou des projections et réceptions d’objets (lancer, recevoir).Des jeux de balle, des jeux d’opposition, des jeux d’adresse viennent compléter ces activités. Les enfants coordonnent des actions et les enchaînent. Ils adaptent leur conduite motrice en vue de l’efficacité et de la précision du geste.
Par la pratique d’activités qui comportent des règles, ils développent leurs capacités d’adaptation et de coopération, ils comprennent et acceptent l’intérêt et les contraintes des situations collectives.
Les activités d’expression à visée artistique que sont les rondes, les jeux dansés, le mime, la danse permettent tout à la fois l’expression par un geste maîtrisé et le développement de l’imagination.
Grâce aux diverses activités, les enfants acquièrent une image orientée de leur propre corps. Ils distinguent ce qui est : devant, derrière, au-dessus, au-dessous, puis à droite et à gauche, loin et près. Ils apprennent à suivre des parcours élaborés par l’enseignant ou proposés par eux ; ils verbalisent et représentent ces déplacements.

À la fin de l’école maternelle l’enfant est capable de :

  • adapter ses déplacements à des environnements ou contraintes variés ;
  • coopérer et s’opposer individuellement ou collectivement ; accepter les contraintes collectives ;
  • s’exprimer sur un rythme musical ou non, avec un engin ou non ; exprimer des sentiments et des émotions par le geste et le déplacement ;
  • se repérer et se déplacer dans l’espace ;
  • décrire ou représenter un parcours simple.

Déroulement des séances

Organiser les apprentissages

Il semble plus pertinent de ne pas s’intéresser aux trois composantes de l’athlétisme en même temps. Elles peuvent être organisées en deux séquences d’apprentissage : les courses et les sauts/lancers, ou en trois séquences.

Entrer dans l’activité

Se donner du temps avant de proposer des situations d’apprentissage trop proches du modèle culturel. Il existe un grand nombre de jeux collectifs qui permettent de mobiliser les habiletés de base de l’athlétisme (courir, sauter, lancer). Ces jeux sont intéressants pour plusieurs raisons :

  • Ils correspondent au besoin d’activité fusionnelle des plus jeunes élèves.
  • Ils permettent de gérer l’ensemble du groupe en évitant les temps d’attente.
  • Ils reposent sur la fonction ludique, source de motivation
  • Ils offrent aux élèves la possibilité de s’investir
  • Ils sont porteurs d’une quantité importante d’actions.

Ces jeux athlétiques vont donc alimenter les temps d’entrée dans l’activité (« échauffement »), c’est-à-dire qu’ils vont permettre aux élèves de se mettre en état de disponibilité pour aborder les situations d’apprentissage.

 

Progresser à l’aide de situations d’apprentissage

Ces situations sont choisies après avoir mesuré ce que les élèves sont capable de réaliser et les obstacles qu’il leur reste à surmonter.

Elles peuvent être proposées sous la forme de jeux athlétiques ou d’ateliers. Dans le cas d’ateliers, ils doivent être suffisamment nombreux (ne pas hésiter à installer plusieurs fois les mêmes) afin que chaque élève ait un temps d’action suffisant.

Ces situations visent un point précis, par ex. lancer au-dessus du filet pour agrandir son geste et être plus performant.

Elles doivent présenter plusieurs niveaux de difficulté.

Les critères de réussite doivent permettre aux élèves de clairement comprendre le résultat de leur action.

Evaluer à l’aide de situations de référence

Ces activités permettent :
  • d’identifier ce que les élèves savent
  • de faire prendre conscience aux élèves de l’évolution de leurs progrès
  • de constituer des groupes de besoin et de différencier l’apprentissage
La mesure de la performance (source de motivation) ne peut pas constituer à elle seule l’évaluation. Un tel dispositif serait profondément injuste. L’évaluation doit prendre en compte l’évolution des compétences.
Ces situations de référence peuvent être proches (adaptées en maternelle) des modèles culturels mais aussi s’en éloigner. Dans tous les cas, les critères d’évaluation doivent être lisibles par les élèves (dispositifs de couleur, zones à points, nombre d’objets laissés au sol…)
Au cas où les élèves participeraient à une finalisation de type rencontre d’athlétisme, il faudra confronter les élèves au dispositif retenu lors de la rencontre afin de leur permettre de s’engager dans un projet d’action « Le jour de la rencontre, je veux lancer dans la zone… ».

 

Annexes :

Fichiers « Les courses », « les sauts », « les lancers » compilés par des collègues CPC EPS où vous trouverez des informations et des situations d’apprentissage.

Les fiches de jeux présentés lors de l’animation.